2020 - 2021

LA VI(LL)E D'APRÈS

Thème

Comme thème d'étude cette année, il aurait été difficile de faire abstraction de la situation exceptionnelle que nous connaissons actuellement. D'une part, ses implications se font sentir à toutes les échelles de l'existence, de l'intime jusqu'au global. Et d'autre part, elle présente un caractère absolument contemporain, dans la mesure où elle participe des chocs annoncés qui vont progressivement (mais possiblement rapidement) affecter le monde et changer radicalement la vie telle que nous la connaissons : "la crise sanitaire est enchâssée dans […] une mutation écologique durable et irréversible"[1], à laquelle il faut encore ajouter une probable crise économique post-Covid19. En ce sens, la situation que nous connaissons est prémonitoire d'un avenir à moyen terme.

Dès lors, se pencher sur l'une (le "new anormal") permet de (se) préparer (à) l'autre : "il serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle."[2] Ce d'autant plus qu'à défaut, ce choc risque d'être utilisé, comme ceux précédents, pour asseoir encore un peu plus l'hégémonie des super-acteurs économiques. De manière plus apaisée, beaucoup de professionnels et de chercheurs ont aussi perçu que ce déchirement représentait une brèche dans une réalité dont certains aspects sont amèrement critiqués depuis longtemps, et constituait donc une opportunité de réfléchir plus concrètement au monde auquel on aspire, qui aurait peut-être là une occasion d'advenir.

Les architectes et urbanistes n'ont pas été les derniers/ères à être ébranlé-e-s dans leur conception des choses par la pandémie, vu les modifications profondes que celle-ci induit quant à l'usage de l'espace, dans pratiquement toutes les circonstances, au-delà de ses impacts premiers sur la santé et l'économie. La relocalisation forcée des activités a redistribué les cartes et brouillé nos repères. Dans notre champ disciplinaire, des gens ont ainsi réfléchi aux "nouveaux espaces" (voir notamment l'initiative du CIVA "Desired Spaces"). Notre chercheuse Ana Póvoas[3], de son côté, met en évidence que, pour faire advenir ces espaces "désirés" (et les usages qui les sous-tendent… ou en découlent), nous avons besoin non seulement d'en parler, de les mettre en mots, mais aussi de les illustrer, c'est-à-dire de les mettre en images. Cela rejoint l'intuition qui s'est développée ces dernières années, notamment dans les milieux écologistes, que la militance n'a pas tant besoin de nouveaux argumentaires scientifiques que de récits, devant l'absolue nécessité, pour espérer une évolution, d'engager non seulement le cerveau rationnel mais également celui émotionnel[4].

C'est justement sur ce terrain que le médium audiovisuel peut apporter un complément précieux aux outils habituels de l'architecte. Comme chaque année, nous proposons de l'exploiter, et d'explorer ce qu'il nous permet d'apprendre spécifiquement des chocs et mutations que connaît cet usage "perturbé" de l'espace, en même temps que de, peut-être, proposer des prospectives. Que celles-ci soient pessimistes (à la "Black Mirror") ou optimistes (à la "Demain"), dans tous les cas les architectes y auront encore un rôle à jouer, moyennant une adaptation, contrainte et forcée, de leurs pratiques à ces conditions nouvelles. La question que nous nous poserons sera donc : "dans un avenir plus ou moins immédiat, à quoi ressembleront les besoins des usagers, et donc les missions des architectes ?". Ce sera l'occasion tant d'exorciser les affres de la situation, que de pointer des potentialités insoupçonnées qui émergeraient ainsi, en guise de repères dans ce paysage incertain.

 

[1] Latour Bruno, "Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise", AOC, 29-03-2020, sur www.bruno-latour.fr/sites/default/files/downloads/P-202-AOC-03-20.pdf.

[2] Ibidem.

[3] "Espace, politique, psyché – Les contours d’une rencontre pour imager l’après Covid" (à paraître).

[4] Dion Cyril, Petit manuel de résistance contemporaine, éd. Actes Sud, Paris, 2018.

Équipe

Cette année académique 2020-2021, Roxane Enescu, fondatrice et coordinatrice des QuAC, était en congé sabbatique. L'intérim a été assuré en binôme par Thomas Vilquin, scénariste, et la cinéaste-invitée de cette année, Martine Doyen, réalisatrice belge de fictions expérimentales.

Aux côtés des enseignants récurrents habituels, sont intervenus également des conférenciers ponctuels, notamment :

- Roxane Enescu elle-même ;

‑ Ana Póvoas, chercheuse active dans les champs de l'architecture et des sciences sociales ;

- Mélanie Ganino, architecte spécialisée dans la diffusion des films d'architecture ;

‑ Gregorio Carboni Maestri, architecte et enseignant dans notre faculté ;

Vincent Hecht, diplômé de notre faculté et cinéaste d'architecture ;

‑ Clara Beaudoux, journaliste et documentariste ;

‑ Victor Claude, de l'Atelier Jeunes Cinéastes.

Lors du jury final se sont également rajouté-e-s :

- Dominique Nasta, enseignante du Master en Cinéma de l'ULB ;

- Dimitra Bouras, directrice de Cinergie ;

- Yuen Yeung Fun, réalisateur et enseignant à LOCI Tournai ;

- Sarah Pialeprat, directrice du Centre du Film sur l'Art et organisatrice du Brussels Art Film Festival ;

- Élodie Degavre, architecte, enseignante dans notre faculté et réalisatrice de documentaires ;

- Marcelle Rabinowicz, vice-doyenne de notre faculté et présidente de sa Commission Culture.

Un grand merci à elles et eux !

Les films

Voici le palmarès, décerné le 21-1-2021 :

- 1er prix : "Kont4kt" (Najib El Barmaqui, Cannel Besnard & Thomas Garnier), pour son audace et sa créativité, et pour le cadeau qu'il nous offre d'un regard neuf sur la ville.

- 2e prix : "1m50" (Marco Dagoberti, Melodi Ertugrul & Dylan Menu), pour sa drôlerie bienfaisante en ces temps moroses, et pour son intrépidité infatigable face aux périls.

- 3e prix : "Focus" (Meg Cotinaut, Maelys Rocher & Arthur Duval), pour son approche sensible autant que son silence radical, et pour son invitation à redécouvrir la beauté nichée au plus près de notre quotidien.

- prix du public : "Art&Fact" (Léa Delattre, Nicolas Desgens & Pablo Ministru).

Bravo à elles et eux !

Envie de revivre la soirée de projection ? Vous retrouverez le replay ci-dessous.

Cette projection en ligne avait été orchestrée (notamment sur le plan technique) par les étudiants Pierre Machielsen, Nadir Toumi et Sherihane Zamour-Ifar.

Voir directement tous les films à la carte ? Cliquez ici !

BONUS

 

Recherches et documentation

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Battre les pavés

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