Depuis son ouverture en 2012, l’Option Architecture et Cinéma s’engage chaque année dans la réalisation de courts-métrages thématiques qui s’installent sur la frontière entre l’architecture et le cinéma, en la re-questionnant.
2025 - 2026
LIVING MEMORIES
Thème
Les espaces que nous habitons ne sont pas neutres : ils sont traversés par des récits, marqués par des usages, modelés par des corps, façonnés par le temps. Cette année, l’option s’est articulée autour du regard que l’on porte a priori sur un lieu – les attentes, les imaginaires, les désirs que l’on y projette – et, ensuite, sur la rencontre avec ce réel : sa capacité à se laisser habiter, sa mémoire qui l’inscrit dans le temps, son potentiel à créer de l’inattendu, à susciter des transformations, des nouveaux imaginaires et d’autres manières d’habiter.
Tout est parti du documentaire de création "Dreaming Walls" (2022) de Maya Duverdier et Joe Rohanne, à propos du mythique Chelsea Hotel à New York, réflexion sur la mémoire d’un lieu emblématique habité par l’art et l’histoire. Les cinéastes plongent au cœur de cet emblème d’un monde en voie de disparition, jadis refuge d’artistes et symbole de contre-culture, pour en capter les derniers souffles, les fantômes, les résistances. Des vies passées sont ramenées au présent et côtoient celles des derniers habitant-e-s des lieux pendant le processus de rénovation qui menace d’effacer sa mémoire. Dans le présent continu des vies qui se déroulent entre les murs de mémoire du Chelsea Hotel, la création est saisie sur le vif, comme une urgence de vivre, manifestant ainsi la forme la plus puissante de la résistance à l’effacement.
À la suite, les étudiant·e·s ont été invité-e-s à entreprendre une démarche de création située et immersive, à la fois imaginative et ancrée dans une observation documentée des références et du réel auquel ils et elles sont amené·e·s à se confronter. Ils et elles se sont engagé-e-s dans un travail personnel autour d’un lieu de leur choix, à Bruxelles, les conduisant à confronter leur imaginaire à la réalité. Du point de vue cinématographique, ces "espaces de mémoire" ont été filmés non comme des décors mais des personnages. Le travail de la caméra, du son, du montage, représente ici une forme d’arpentage documentaire, poétique et politique. La caméra et l’enregistreur captent les silences et les textures du réel, et partagent ainsi une expérience du monde. Il s'agit de rendre visible et audible ce qui est en train de disparaître ou de résister en silence. Dans ces lieux, quelles sont les mémoires partagées, comment se fait la transmission, quelles sont les possibles cohabitations avec le présent ? L’architecture est à approcher non pas comme un objet ou un espace figé, mais comme une opportunité de rencontres, un lieu situé, une interface, un milieu de vie, un récit complexe. Observer-penser la mémoire, le lien, les imaginaires, c’est (ré)inventer des formes d’un habiter plus attentif à l’humain, plus juste et sensible.
Équipe
Cinéaste invitée : Maya Duverdier
Équipe enseignante : Roxane Enescu et Thomas Vilquin
Intervenant-e-s : Nicolas Boni, Véronique Boone, Yves Cantraine, Yannick Franck, Lancelot Hervé Mignucci, Joachim Philippe et Paul Thoreau
Juré-e-s : Mathilde Bernet, Dimitra Bouras, Ludivine Damay, Eve Deprez et Sarah Mortada.
Un grand merci à elles et eux !
Les films
Voir directement tous les films à la carte ? Cliquez ici ! Ou sur les affiches ci-dessous...








